ジャポニスム2018|Japonismes 2018

Chronique
01/06/2018

Mes attentes envers Japonismes 2018

Yoshiharu Fukuhara
Président de l’Amicale au Japon pour la Maison de la culture du Japon à Paris

 On dit qu’il existe une infinité de définitions de la culture, mais laissez-moi vous donner mon idée personnelle de l’art et de la culture.
 « La culture est un héritage du désir de bien vivre auquel réfléchissent les hommes depuis toujours. Elle est le fruit du comportement créatif des hommes pour vivre une vie meilleure. »
 Les hommes vivent en fonction de la nature et du climat de leur environnement. Et chaque pays porte en lui l’histoire de cette poursuite d’une meilleure qualité de vie, créant ainsi une diversité de cultures uniques selon chaque milieu. Il est important se sentir héritier de cette culture et de souhaiter la parfaire avec sa propre génération pour la transmettre aux suivantes. Si ce cycle se répète, on devrait pouvoir construire des nations fertiles, compétitives et fortes, tout en rendant les citoyens plus heureux.
 Je veux dire par là que l’époque où l’économie avait priorité sur l’homme est révolue. Le développement de l’humanité serait impossible sans la culture. Aujourd’hui, toutes les ethnies, toutes les nations du monde devraient prendre à nouveau conscience de son importance, pour construire un futur où la culture est placée au centre de la société.
 Le pays au monde qui a le mieux compris cela, c’est la France, le royaume de la culture. La culture devient plus puissante quand une population ou une région avec leurs particularités sont confrontées à l’inconnu. La France en est un exemple : on peut citer la façon dont elle a développé la mode européenne classique avec les motifs venus de l’influence de l’Islam ou dont elle a intégré les lumières de la Renaissance. Au XIXème siècle, le phénomène artistique du japonisme, qui consiste à incorporer volontairement des éléments de la culture orientale dans les œuvres, mène à l’apogée de l’art nouveau et de l’art déco. Après la restauration de Meiji, la culture artistique japonaise a reçu une forte influence de la France. Mais derrière cet art français se cachait une ancienne influence japonaise avec notamment les estampes ukiyoe de la période Edo. Les échanges culturels entre le Japon et la France sont particuliers de ce point de vue : ils ne vont pas dans un sens seulement, mais sont plutôt une répétition de va-et-vient entre les deux pays. Ils s’encouragent mutuellement à aller plus loin et à découvrir de nouvelles choses. Quelle chance de vivre une relation pareille !
 L’amitié franco-nippone fête ses 160 ans, un anniversaire digne d’être célébré. C’est pourquoi nous avons choisi cette année pour lancer Japonismes 2018 et créer un nouveau mouvement culturel japonais à partir de la France. Avec l’évolution des moyens de transport et de communication, le monde devient rapidement de plus en plus accessible et la culture nippone où coexistent tradition et innovation a plus d’influence à l’international. Quelle incidence pourra avoir le Japon d’aujourd’hui dans la capitale culturelle européenne de France à l’époque où nous vivons ? Nous espérons amorcer une vague pour toucher toute l’Europe et même traverser les océans afin de donner un nouvel élan à la culture nippone. Japonismes 2018 ne concerne pas seulement un pays étranger éloigné, c’est un premier pas vers le nouveau monde du futur que l’humanité dessinera ensemble. Nous semons une graine qui, je le souhaite, produira une belle et grande fleur pour les générations à venir.

Yoshiharu Fukuhara

 Né en 1931 à Tokyo. Diplômé de la faculté d’économie de l’université Keio en 1953, il commence à travailler chez Shiseido. Après avoir rempli les fonctions de PDG et de président du conseil d’administration, il devient président honoraire en 2001. Il mène l’entreprise vers le développement international tout en agissant activement pour la promotion de la culture et des arts. Il est actuellement très engagé pour la culture, notamment en tant que président de l’Organisation pour la promotion de la culture des lettres, directeur honoraire du Musée métropolitain de photographie de Tokyo et président honoraire de l’Association de mécénat d’entreprise. Il est de plus auteur de nombreux livres : Les Entreprises peuvent-elles soutenir la culture ? (publié chez Kyuryudo), L’Activité et le cœur du mécénat (Kyuryudo), Le Beau (Institut PHP).

Photo de M. Yoshiharu Fukuhara